Chaque vertu est comme un être de cristal dans lequel on voit par transparence toutes les autres. On peut lire toutes en chacune.
On ne réfléchit que parce qu'on se dérobe à l'acte. Penser, c'est être en retrait.
La vertu parfaite est elle loin de nous ? Si je veux la trouver, aussitôt elle est présente à moi.
L'avenir est un paradis d'où, exactement comme de l'autre, personne n'est encore jamais revenu.
Ce que j'ai fini par comprendre, c'est que l'amour de la vie telle qu'elle est, décevante, fatigante, angoissante, vaut mieux que l'amour d'une sagesse qui serait incompatible avec la vie.
Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour.
Même si elles semblent immatérielles, les pensées ont besoin d’un point d’appui, sinon elles se mettent à tourner, à tourbillonner sans but sur elles-mêmes ; elles non plus ne supportent pas le néant.
Les hommes aiment tous d’un amour inexplicable cette nature qui refuse l’idée. Ils voudraient bien mettre leurs espoirs en ce qui ne promet rien.
Va, cela est facile d'être un grand roi, quand on est roi.
Laissez, lui dis-je, les grands mots et essayez de comprendre les choses.
L'électeur est à la politique, ce que le consommateur est à l'économie.
Celui qui sait mettre chaque chose en son rang n’est pas loin de la voie de la Grande Étude ou de la perfection.
Nul besoin d'être loué quand on est sûr de soi. Qui recherche la louange doute de sa propre valeur.
La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs.
Je comprends comment. Je ne comprends pas pourquoi.
Qu’est-ce que le beau, sinon l’impossible.
Le suprême désirable et le suprême intelligible se confondent.
Quand une seule victime ne peut obtenir justice, chacun doit s'attendre à être le premier à subir ensuite ces outrages.
Ce que le passé est au temps, le sens l'est au langage, et l'idée l'est à la pensée.
Et je sens des baisers qui me viennent aux lèvres.
Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité.
Ils entendent sans comprendre, semblables à des sourds. A eux s'applique le proverbe : présents ils sont absents.
Vivre, ce n'est pas respirer, c'est agir ; c’est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nous-mêmes, qui nous donnent le sentiment de notre existence.
L’esprit n’est pas libre tant qu’il n’a pas lâché prise.
Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche.
L'analyse opère sur l'immobile alors que l'intuition se place dans la mobilité ou, ce qui revient au même, dans la durée. Là est la ligne de démarcation bien nette entre l'intuition et l'analyse.
Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.
Être profond et sembler profond. Celui qui se sait profond s'efforce d'être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s'efforce d'être obscur.
Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l'accusez pas ; accusez-vous plutôt, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour en convoquer les richesses. Pour celui qui crée, il n'y a pas, en effet, de pauvreté ni de lieu indigent, indifférent.
La politesse est donc autre chose qu'un luxe ; ce n'est pas seulement une élégance de la vertu.
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