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La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d’avance de nos défaillances sur un si long chemin.






L'expérience m'a encore appris ceci, que nous nous perdons d'impatience: les maux ont leur vie et leurs bornes, leurs maladies et leur santé.






Il y a de la grandeur dans cette conception de la vie, avec ses divers pouvoirs originellement insufflés dans quelques formes, voire dans une seule ; et, tandis que cette planète tournait en rond selon les lois établies de la gravité, une infinité de formes regorgeant de beauté et de merveilles, à partir d'un commencement si simple, ont évolué et évoluent encore.






L'axiome est l'atome du raisonnement.






Pendant l'enfance la vie se présente comme un décor de théâtre vue de loin, pendant la vieillesse, comme le même, vue de près.






Allons, relève-toi, l'homme ! Elle vit, ta Juliette, cette chère Juliette pour qui tu mourais tout à l'heure : n'es-tu pas heureux ? Tybalt voulait t'égorger, mais tu as tué Tybalt : n'es-tu pas heureux encore ? La loi qui te menaçait de la mort devient ton amie et change la sentence en exil : n'es-tu pas heureux toujours ? Les bénédictions pleuvent sur ta tête, la fortune te courtise sous ses plus beaux atours ; mais toi, maussade comme une fille mal élevée, tu fais la moue au bonheur et à l'amour.






Il y a à tout moment une infinité de perceptions en nous.






Avec Voltaire, c'est un monde qui finit, avec Rousseau c'est un monde qui commence.






Il faut mot pour mot, se rendre compte de ce que l’on dit, et, en toute action, de ce qui en résulte ; dans ce dernier cas voir directement à quel but notre action se rapporte : et, dans le premier cas veiller à ce que les mots signifient.






Le beaucoup savoir apporte l'occasion de plus douter.






Trois éléments entrent dans la composition totale de ton être : le corps, le souffle de vie qui t'anime, et l'intelligence. De ces trois éléments, deux te regardent bien, en ce sens que c'est à toi d'en prendre soin ; mais en vérité, il n'y a que le troisième qui soit réellement tien. Si tu sais écarter loin de toi, je veux dire de ta pensée, tout ce que font les autres hommes, tout ce qu'ils disent ; si même tu en écartes tout ce que personnellement tu as pu faire jadis, ou tout ce que jadis tu as pu dire, tout ce qui te trouble dans l'avenir, tout ce qui ne concerne que le corps qui t'enveloppe et le principe de vie que tu as reçu à ta naissance, sans que tu y sois pour lien, tout ce que roule à l'extérieur le tourbillon dont les flots t'environnent, de telle manière que la force intelligente, dégagée de l'empire du destin, pure et libre, vive de son propre fonds, pratiquant la justice, acceptant tout ce qui lui arrive, et ne disant jamais que la vérité ; si, dis-je, tu isoles de ton esprit ainsi disposé toutes les relations du corps, dont il subit le contact, du temps qui doit suivre, du temps qui a précédé, tu deviendras comme le dit Empédocle :

 « Un Sphœrus arrondi, goûtant son fier repos. »

Et enfin, si tu t'appliques à ne vivre que là où tu vis, c'est-à-dire dans le présent, à ces conditions, tu pourras jusqu'à la mort passer ce qui te reste d'existence sans trouble, avec dignité, et en un constant accord avec le génie qui te gouverne.







Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.






De ma volonté d'être en bonne santé, de ma volonté de vivre, j'ai fait ma philosophie…






En matière de prévision, le jugement est supérieur à l'intelligence. L'intelligence montre toutes les possibilités pouvant se produire. Le jugement discerne parmi ces possibilités celles qui ont le plus de chance de se réaliser.






Si bien pourvu que soit notre langage face à tous les cas de figure possibles, et qui appellent à être précisés : un fait restera toujours plus riche qu’un dictionnaire.






L'existentialiste ne croit pas à la puissance de la passion. Il ne pensera jamais qu'une belle passion est un torrent dévastateur qui conduit fatalement l'homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse. Il pense que l'homme est responsable de sa passion.






L'opinion pense mal ; elle ne pense pas ; elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître.






Une grande âme est au-dessus de l'injure, de l'injustice, de la douleur, de la moquerie ; et elle serait invulnérable si elle ne souffrait par la compassion.






L'action échappe à nos intentions.






L’homme ne joue que là où il est homme dans la pleine signification du mot, et il n’est homme complet que là où il joue.






Le froid devient chaud, le chaud devient froid, le mouillé devient sec, l'aride devient humide.






C'est un grand art quelquefois de vouloir ce que l'on est assuré de désirer.






L’Âme et le Corps sont une seule et même chose qui est conçue tantôt sous l’attribut de la Pensée, tantôt sous celui de l’Étendue.






C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique. Celui qui ne sait rien croit enseigner aux autres ce qu'il vient d'apprendre lui-même ; celui qui sait beaucoup pense à peine que ce qu'il dit puisse être ignoré, et parle plus indifféremment.






Les grandes joies proviennent de la contemplation des belles œuvres.






Le soleil est simple.






J'appelle travail tout effort exempt de plaisir, ou plutôt : un effort qui vous diminue à vos propres yeux.






Les moins tendues et plus naturelles allures de notre âme sont les plus belles.






Le monde n'est que variété et dissemblance.






La pensée humaine ne doit jamais se figer.










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