En observant strictement ses propres pensées et sensations, en les exprimant de la manière la plus fortement individuelle, par des mots choisis avec soin, que l'on note aussitôt sur le papier, on peut obtenir promptement une provision de remarques, dont l'utilité est très variée. Nous apprenons à nous connaître nous-mêmes, nous donnons solidité et cohésion à notre système de pensées... On acquiert un trésor qui peut être utilisé dans des élaborations ultérieures.
Nous sommes tous en pratique ensorcelés par les mots. Nous les confondons avec le monde réel, et essayons de vivre dans le monde réel comme si c'était le monde des mots.
Ne faites confiance qu'au mouvement. La vie se passe au niveau des événements, pas des mots.
La fonction d’un écrivain est d’appeler un chat un chat. Si les mots sont malades, c’est à nous de les guérir.
Nous nous exprimons nécessairement par des mots, et nous pensons le plus souvent dans l'espace.
Le bon esprit consiste à retrancher tout discours inutile, et à dire beaucoup en peu de mots.
Dans toute discussion, le plus délicat est toujours de faire la différence entre une querelle de mots et une querelle de fond.
Le principal ennemi du langage clair, c'est l'hypocrisie. Quand il y a un fossé entre les objectifs réels et les objectifs déclarés, on a presque instinctivement recours aux mots interminables et aux locutions rabâchées, à la manière d'une seiche qui projette son encre.
De quelque mot profond tout homme est le disciple.
Le style est autant sous les mots que dans les mots.
Fait-on des lois autrement qu'avec des mots ? Vie, liberté, propriété, honneur, tout ce que nous avons de plus précieux dépend du choix des mots.
Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer.
Pour prendre sens le mot a besoin du texte qui est son propre contexte et le texte a besoin du contexte où il s’énonce.
Un mot reçu de mauvais biais efface le mérite de dix ans.
Transformer le monde, a dit Marx. Changer la vie, a dit Rimbaud. Ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un.
Il voudrait donner à manger aux mots dans le creux de sa main.
Un mot si joli qu'on le voudrait avec des joues, pour l'embrasser.
Chaque mot prononcé fait surgir le sens qui lui est opposé.
Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant.
C'est parce qu'il y a un vrai danger, de vrais échecs, une vraie damnation terrestre, que les mots de victoire, de sagesse ou de joie ont un sens.