Tout ce qui existe existe pour la pensée, c'est-à-dire, l'univers entier n'est objet qu'à l'égard d'un sujet, perception que par rapport à un esprit percevant, en un mot, il est pure représentation.
On est quelquefois un sot avec de l'esprit, mais on ne l'est jamais avec du jugement.
Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière.
Il n'y a de paix qu'entre esprit et esprit.
La moquerie est souvent indigence d'esprit.
La matière est réelle parce qu'elle est une expression de l'esprit.
Nous devons entendre par esprit une réalité qui est capable de tirer d'elle-même plus qu'elle ne contient.
L'amour donne de l'esprit ; il se soutient par l'esprit. Il faut de l'adresse pour aimer.
L'esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres : celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit l'est de vous parfaitement.
Pour que la matière ait tant de pouvoir, il faut qu'elle contienne un esprit.
Si l'esprit est la provenance de l'art, le corps en est la destination.
Le cœur s'attendrit mieux lorsque l'esprit comprend.
Le travail du corps délivre des peines de l'esprit.
Tous les moyens de l'esprit sont enfermés dans le langage ; et qui n'a point réfléchi sur le langage n'a point réfléchi du tout.
L'illumination n'est que la vision soudaine, par l'Esprit, d'une route lentement préparée.
Le trop spirituel est un homme qui n'a jamais assez d'esprit pour savoir la juste mesure qu'il en faut avoir.
Il est d'un petit esprit, et qui se trompe ordinairement, de vouloir ne s'être jamais trompé.
L'esprit est toujours la dupe du cœur.
Un esprit solide dans un corps humain, c'est la plus grande force dans la plus grande faiblesse.
J'appelle vices des maladies de l'âme, qui ne sont point si aisées à connaître que les maladies du corps, parce que nous faisons assez souvent l'expérience d'une parfaite santé du corps, mais jamais de l'esprit.
Il faut de grandes ressources dans l’esprit et dans le cœur pour goûter la sincérité lorsqu’elle blesse, ou pour la pratiquer sans qu’elle offense : peu de gens ont assez de fond pour souffrir la vérité, et pour la dire.
Tous ceux qui connaissent leur esprit ne connaissent pas leur cœur.
Le corps a ses grâces, l’esprit ses talents ; le cœur n’aurait-il que des vices ? et l’homme, capable de raison, serait-il incapable de vertu ?
Ce n'est pas sur l'habit Que la diversité me plaît ; c'est dans l'esprit.
Il y a de deux sortes d'esprits, l'un géométrique, et l'autre que l'on peut appeler de finesse. Le premier a des vues lentes, dures et inflexibles ; mais le dernier a une souplesse de pensée qu'il applique en même temps aux diverses parties aimables de ce qu'il aime.
Savoir bien rapprocher les choses, voilà l’esprit juste. Le don de rapprocher beaucoup de choses et de grandes choses, fait les esprits vastes. Ainsi, la justesse paraît être le premier degré, et une condition très nécessaire de la vraie étendue d’esprit.
Ce que la Nature est à l'esprit, elle l'est aussi pour le corps.
L'homme qu'anime l'esprit n'achoppe pas devant les barrières et les différences ; elles le stimulent plutôt. Seul l'homme dénué d'âme en sent le poids et l'entrave.
L'esprit n'est souvent au cœur que ce que la bibliothèque d'un château est à la personne du maître.
Quand on court après l'esprit, on attrape la sottise.