Les idées n'étant accessibles aux foules qu'après avoir revêtu une forme très simple, doivent, pour devenir populaires, subir souvent les plus complètes transformations. C'est surtout quand il s'agit d'idées philosophiques ou scientifiques un peu élevées, qu'on peut constater la profondeur des modifications qui leur sont nécessaires pour descendre de couche en couche jusqu'au niveau des foules.
La science ne pense pas, et ne peut pas penser ; et c'est même là sa chance, je veux dire ce qui lui assure sa démarche propre et bien définie.
Avec la science einsteinienne commence une systématique révolution des notions de base. C'est dans le détail même des notions que s'établit un relativisme du rationnel et de l'empirique. La science éprouve alors ce que Nietzsche appelle “un tremblement de concepts,” comme si la Terre, le Monde, les choses prenaient une autre structure du fait qu'on pose l'explication sur de nouvelles bases. Toute l'organisation rationnelle “tremble” quand les concepts fondamentaux sont dialectisés.